L'implantation des entreprises en Asie du Sud Est

Le marché en Asie du Sud Est change et évolue. Nous avons rencontré les managers régionaux de Rosemont Business Asia, un cabinet qui aide les entreprises à s'installer et à se développer dans cette région du monde.


Pouvez-vous nous présenter l'entreprise Rosemont Business Asia ?


Rosemont Business Asia est un cabinet pluridisciplinaire proposant des services de gestion administrative, comptable et en matière de fiscalité, à des entrepreneurs et entreprises, dans le cadre de la structuration et de la gestion de leurs activités commerciales. Nous fournissons une gamme complète de services aux entreprises en termes de création et / ou d’administration de leurs activités en Asie du Sud Est.

Nos équipes accréditées et expérimentées sont composées de comptables, de conseillers fiscaux et d'avocats, présents à Ho Chi Minh-Ville, Singapour, Hong Kong et Bangkok.


Avez-vous remarqué une augmentation des implantations des entreprises en ASE depuis 2010 ? Si oui, à quel point ? Quel(s) facteur(s) explique(nt) cette évolution selon vous ?


L’augmentation du nombre d’entreprises étrangères en ASEAN (Association des pays de l’Asie du Sud Est) est liée au développement économique de cette région. À la fin des années 90 et au début des années 2000, les entreprises étrangères s'implantaient surtout en Chine et l’ASEAN était laissée de côté (à l’exception de Singapour). 

Depuis, les entreprises se sont détournées progressivement de la Chine pour diverses raisons et sont parties chercher la croissance en Asie du Sud Est. Les pays de l’Asie du Sud Est ont aussi fait beaucoup d’efforts en termes d’infrastructures, de gouvernance et d’éducation pour attirer les capitaux étrangers, rendant ainsi accessible et intéressant un marché d’un demi-milliard de consommateurs.


Quel est le "meilleur" pays pour les entreprises ? Pourquoi ?

Depuis le début des décennies 2000 et 2010, la Chine a longtemps été l’Eldorado des entreprises étrangères souhaitant franchir un cap important dans leur développement international avec une implantation en Asie. En termes de hub d’implantation, Hong Kong est devenu l’un des centres juridiques et financiers majeurs pour un développement vers la Chine. Toutefois, lorsque l’on regarde plus spécifiquement l’Asie du Sud Est, Singapour a toujours été à une place privilégiée pour les investisseurs. Cela peut s’expliquer par la facilité et la sécurité juridique et administrative pour monter une société à Singapour, proposant un droit commercial proche du droit britannique, tout comme à Hong Kong.  Cela peut aussi s’expliquer par la présence, sur une surface très restreinte, de la plupart des principaux acteurs économiques (sièges sociaux ou régionaux des entreprises, services financiers, qualité de vie pour une population d'expatriés très qualifiés, etc.). Il semble que Singapour soit aujourd’hui très bien positionnée pour conserver cette position avantageuse par rapport à d’autres places concurrentes. Néanmoins, d’autres pays ont également rapidement développé une possibilité d’accès facilité aux entreprises étrangères. Après Singapour, la Thaïlande était un marché privilégié et a longtemps tenté (avec plus ou moins de succès) d’établir des formes d’investissements accessibles pour les étrangers. L’Indonésie est un marché énorme, mais encore très protégé, difficile d’accès et peu stable.  Depuis les 5 à 10 dernières années, le Vietnam est le pays ayant fait le plus d’efforts dans ce domaine. La rationalisation du milieu des affaires a beaucoup aidé. Dans les faits, le Vietnam est, à ce jour, bien plus amical et réceptif au monde des affaires que ce que l’on pense. 


Depuis 2010, avez-vous remarqué que les gouvernements mettaient en place plus de régulations (lois, taxes...) qui seraient favorables ou défavorables à l'installation des entreprises dans les pays d'ASE ?

Si l'on reprend l’exemple de Singapour, ce pays a toujours été très bien classé dans les nombreuses études de type Banque Mondiale « How easy to do business ». Le Gouvernement a toujours tenu une politique très favorable à l’installation des entreprises étrangères dans son pays. Aujourd’hui, la seule contrainte que l’on rencontre à Singapour concerne l’obtention des permis de travail pour les étrangers. Il est vrai que Singapour continue de pratiquer une politique migratoire très restrictive afin de favoriser l'accès à l’emploi des Singapouriens.  Cependant, si l’on suit les traces d’un autre pays tel que le Vietnam, nous pouvons constater une situation assez différente : les entreprises étrangères n’ont pu accéder au marché vietnamien que bien plus tard pour des raisons historiques que l’on connaît tous. Toutefois, la tendance actuelle porte vers une ouverture très forte du pays à l’installation des entreprises étrangères grâce à de nombreuses simplifications faites par le gouvernement (facilitation d’obtention des licences opérationnelles pour les entreprises à capitaux étrangers, ouverture partielle du capital des banques vietnamiennes à l’actionnariat étranger, négociations achevées autour du traité de libre-échange entre le Vietnam et l’Union Européenne qui doit être soumis à ratification le mois prochain, etc.). Contrairement à Singapour, l’obtention des permis de travail pour les étrangers s'avère être une procédure très fastidieuse, mais les réponses sont très souvent favorables.


Pouvez-vous nous en dire plus sur l’investissement en Thaïlande ? 

La Thaïlande reste un pays très attractif pour les investisseurs étrangers avec un positionnement stratégique au cœur de l'ASEAN et des infrastructures performantes. Les investissements étrangers ont connu une croissance de près de 10 % sur la décennie. Pour continuer d'attirer des entreprises étrangères, de nombreuses réformes ont été adoptées pour rationaliser les procédures et éliminer certaines régulations inutiles qui ralentissent les opérations commerciales. Les autorités ont mis en place une nouvelle feuille de route appelée Thaïlande 4.0 visant à assurer la transition vers la troisième révolution industrielle. Pour cela, un certain nombre de secteurs d'activités, notamment dans le digitale, sont ouverts aux sociétés 100 % étrangères avec un certain nombre de privilèges sur l'obtention des permis de travail pour les employés étrangers qualifiés ainsi que des exemptions fiscales.

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