Vietnam + IA : quand les photos et vidéos “trop parfaites” brouillent le tourisme
- RelocationVietnam
- il y a 3 jours
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Le Vietnam est l’une des destinations les plus visibles d’Asie sur les réseaux sociaux — et la reprise touristique le confirme. En 2025, le pays a accueilli près de 21,17 millions de visiteurs internationaux (un record), soit +20,4% par rapport à 2024.
Dans ce contexte, l’IA générative arrive comme un accélérateur : elle peut sublimer le contenu de voyage… mais aussi déformer la réalité des destinations (photos retouchées “à l’extrême”, vidéos générées de toutes pièces, scènes reconstituées, lieux composites).
1) Ce que l’IA change vraiment dans le “travel content”
On ne parle plus seulement de filtres Instagram. Aujourd’hui, l’IA permet :
de créer des scènes réalistes qui n’ont jamais existé (une ruelle “typique” inventée, un marché “parfait”, une baie “idéale”),
de fabriquer des lieux composites (ex. une scène qui mélange Hội An + Ninh Bình + Hạ Long en un seul décor cohérent à l’œil),
“d’améliorer” une vidéo réelle (couleurs, densité de foule, météo, propreté, ambiance), jusqu’à donner une impression trompeuse.
Le problème n’est pas l’esthétique en soi : c’est l’impact sur l’attente. Une destination présentée comme calme, vide, luxueuse et irréelle peut générer une déception forte quand la réalité est plus contrastée (foule, chaleur, bruit, circulation, saison des pluies, etc.).
🔗 AI video generated : https://www.youtube.com/shorts/VC_X1MIX6vw
🔗 Real video : https://www.youtube.com/shorts/B2JF1F_6vcE
2) Pourquoi c’est particulièrement sensible au Vietnam
Le Vietnam est un “terrain parfait” pour les contenus génératifs :
ses destinations sont très visuelles (baies, rizières, lanternes, street food, montagnes, cafés, etc.),
il y a déjà un volume énorme de contenu à “imiter” ou recycler,
les tendances TikTok/Shorts poussent des formats très courts, très “cinematic”, où il devient difficile de distinguer le réel du synthétique.
Et le sujet commence à être concret : à Hanoï, un homme a été sanctionné après avoir diffusé une vidéo générée par IA mettant en scène un événement inventé dans un lieu emblématique (Hồ Hoàn Kiếm / Sword Lake), les autorités estimant que cela portait atteinte à l’image du site.
3) ) Les “dégâts” côté tourisme : 4 effets très concrets
a) ) Un écart d’attente qui abîme l’expérience
Le tourisme repose sur la promesse : “voilà ce que vous allez vivre”. Si la promesse est basée sur une vidéo générée (ou hyper altérée), l’expérience peut être vécue comme une “arnaque émotionnelle”, même si le Vietnam reste magnifique.
Conséquence typique : commentaires du type “ce n’est pas comme dans les vidéos”, et une baisse de confiance envers les recommandations en ligne.
b) Une orientation artificielle des flux
Quand un faux spot devient viral, il peut détourner l’intérêt vers :
des lieux qui ne correspondent pas au récit (on cherche “la scène”, pas le lieu),
ou des endroits sur-fréquentés parce qu’ils “ressemblent” le plus au contenu viral.
Cela alimente un tourisme “à l’image” plutôt qu’un tourisme “au lieu”, avec parfois plus de pression sur certaines zones.
c) Une image des destinations fragilisée
Une vidéo IA peut donner l’impression qu’une destination est :
plus “sale / dangereuse” qu’en réalité (si le contenu est malveillant),
ou au contraire totalement idéalisée (ce qui produit un effet boomerang à l’arrivée).
Le cas de Hanoï montre que, localement, la question est aussi vue comme un enjeu de réputation publique.
d) ) Une hausse des arnaques “tourisme” dopées aux visuels
L’IA ne sert pas qu’à faire rêver. Elle sert aussi à rendre des escroqueries plus crédibles : pages qui imitent un hôtel/homestay, fausses promos, faux “agents” avec visuels impeccables, faux avis.
Au Vietnam, l’autorité du tourisme a explicitement demandé aux entreprises de surveiller et signaler les fausses pages et plateformes frauduleuses usurpant leur identité, notamment autour des dépôts et réservations en ligne. Et des alertes existent aussi sur des attaques/phishing visant l’hébergement via imitation de plateformes de réservation.
4) Les plateformes réagissent, mais le contexte se perd vite
YouTube a mis en place une règle claire : les créateurs doivent déclarer les contenus “significativement modifiés” ou “synthétiques” lorsqu’ils paraissent réalistes, via un réglage “altered content”, avec un label informatif (au moins dans la description, parfois davantage selon les cas).
Le souci, c’est la circulation : Shorts, reposts, extraits… Le public voit souvent la vidéo hors de son contexte (sans lire la description), ce qui réduit l’efficacité des labels.
5) Un angle constructif : inspiration et vigilance
3 vérifications avant de construire un itinéraire sur une vidéo virale
Chercher une mention AI-generated / altered / synthetic (description, commentaires épinglés, profil).
Ouvrir le spot sur Google Maps et comparer les photos récentes (saison, météo, densité, couleurs).
Croiser avec 2–3 sources “terrain” (créateurs locaux, forums, avis récents) + vérifier si la réservation passe par un canal fiable (surtout s’il y a demande de dépôt).
Ce flou entre vrai et faux ne concerne pas seulement les paysages “trop parfaits”. En relocation, on le retrouve aussi dans des annonces immobilières : photos anciennes, retouches, mise en scène… un appartement peut sembler impeccable en ligne alors que la réalité est différente. Il arrive aussi qu’un bien soit affiché sur un site web alors qu’il n’est déjà plus disponible (ou n’a jamais vraiment été proposé au même prix/conditions).
Le même phénomène existe aussi côté immigration : informations contradictoires sur les réseaux, faux sites “officiels”, intermédiaires douteux, promesses irréalistes… et parfois des demandes de paiement qui n’ont rien de légitime.
Dans ce contexte, une entreprise de relocation devient un tiers de confiance : vérifications sur place, sécurisation des démarches (logement + immigration), et accompagnement pour éviter les mauvaises surprises.
Conclusion
L’IA ne “détruit” pas le tourisme au Vietnam — mais elle change la manière dont les gens se projettent dans une destination. Dans une période de forte croissance (record de visiteurs en 2025), la qualité de l’information visuelle devient un enjeu clé : protéger l’image des lieux, éviter la déception, et réduire les risques d’arnaques.







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