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Interview François Loubère – Vice-président du groupe BioMar


BioMar Group est une Entreprise industrielle créée il y a plus de soixante ans par des éleveurs aquacoles danois. La société est considérée comme un leader mondial en nutrition aquacole.

Selon le site mordorintelligence, « Le marché vietnamien des aliments pour l'aquaculture devrait connaître un TCAC (taux de croissance annuel composé) de 5,7 % au cours de la période de prévision (2022-2027) ». En tant que membre de l’ASEAN (Association of South East Asian Nations), le Vietnam est impliqué dans divers accords bilatéraux et de libre-échange ayant une importance non-négligeable dans le commerce international. Le commerce aquacole vietnamien est d’ailleurs en relation avec les puissances économiques principales telles que les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde. De plus, l’Union européenne et le Vietnam ont signé un accord commercial à ce sujet en juin 2019. En 2020, BioMar et Viet-UC ont signé un protocole d’accord (MOU) pour développer et produire des aliments aquacoles au Vietnam. La compagnie BioMar a d’ailleurs importé le principe et des méthodes d’élevage durable dans ce genre de commerce.


J’ai d’ailleurs aujourd’hui la chance d’avoir un entretien avec le Vice-président pôle Asie de la compagnie BioMar, Monsieur Loubère.

Bonjour, Pourriez-vous vous présenter rapidement ainsi que votre société s’il vous plait ?


Bonjour,

Je m’appelle François-Marie Loubère et je suis vice-président de la société BioMar, en charge de l’Asie. Comme vous l’avez précisé plus tôt, c’est une société danoise établie depuis 60 ans et qui s’est spécialisée dans la fabrication d’aliments pour poissons et pour crevettes. La société est présente partout où l’aquaculture se développe. Nous avons en effet 17 usines dans différents pays comme en Norvège, Chili, Ecosse, Equateur, Costa Rica, Danemark, France, Espagne, Turquie, Grèce, Australie, Chine et Vietnam. En Asie, nous avons pour le moment trois usines – deux en Chine et une au Vietnam. La société est construite en quatre régions, impliquant 4 vice-présidents – un en Amérique du Sud, un autre en Europe du Nord, un pour le pourtour méditerranéen et un en Asie, moi-même. Pour vous expliquer un peu mieux qui je suis… Avant de prendre ce poste en 2021, j’étais Directeur Général

des usines française et espagnole qui servent les marchés du Sud de l’Europe, de l’Afrique et d’une partie du Moyen Orient au sein de la division EMEA (Europe/Moyen-Orient/Afrique). Ma mission a duré 10 ans.


Merci beaucoup pour cette présentation rapide… Serait-il désormais possible d’avoir quelques données chiffrées en rapport avec la construction globale de la compagnie ?


En effet, pour vous expliquer la société BioMar rapidement : c’est un Milliard d’euros de chiffre d’affaires nous plaçant comme l’une des plus grosses sociétés de ce domaine d’activités. Pour autant, il y a énormément de concurrence dans le monde, mais nous sommes la seule compagnie spécialisée dans l’aquaculture. Nous proposons de la nourriture pour plus de 45 différentes espèces de poissons et de crevettes et nous vendons nos produits dans plus de 90 pays à travers le monde.


Par rapport à la création d’emplois en Asie, auriez-vous des projections chiffrées ?


Au Vietnam, nous employons déjà une centaine de personnes. Ce chiffre devrait être normalement doublé dans les trois ans à venir.

Ceci sans tenir compte bien sûr de potentielles nouvelles acquisitions. Nous sommes créateurs d’emplois au Vietnam, mais également en Chine où nous avons deux usines comptant 200 employés. La plupart des employés des usines étaient déjà présents lors de notre acquisition. Ils avaient déjà une connaissance du travail et une capacité d’action non négligeable lors de l’implantation de BioMar en Asie.

Pour ma part, j’ai créé au Vietnam l’équipe de direction. Nous sommes huit personnes à la direction incluant : la production, les achats, la qualité, le marketing, les finances, les ressources humaines et la direction générale.




Merci. J’aimerais que vous m’expliquiez un peu la conjoncture actuelle dans le milieu aquacole notamment en Asie ? Et de plus, pourquoi vous être ouvert au marché asiatique ?


C’est une analyse assez simple qui peut être réalisée. Nous pouvons constater que la population croît de plus en plus et que la consommation de poissons ou de crevettes ne cesse d’augmenter. Les consommations sont plus fortes et l’Asie est un endroit propice à l’élevage de la crevette, mais également de nombreuses autres espèces. Pour le moment, la société BioMar n’a pas une grosse part de marché, mais nous sommes présents par le biais de partenaires importants. Au Vietnam, par exemple, nous sommes associés à la compagnie VietUC à part d’actions de 70/30.

Pour revenir sur la conjoncture du marché aquacole en Asie, on peut faire une distinction entre l’Asie du SUD-EST et la Chine qui sont deux marchés distincts…


Pourriez-vous m’expliquer votre point de vue à ce sujet s’il vous plaît ?


La Chine est un marché à lui seul, dont la consommation intérieure est très forte. Les importations ne sont pas très importantes dans ce pays alors qu’en Asie du Sud-Est, nous pouvons constater un phénomène important d’interpénétration et surtout d’exportation. Pour l’instant, nous avons une usine au Vietnam depuis 2021 mais notre objectif est d’acquérir et/ou de construire de nouvelles usines dans cette zone géographique. C’est d’ailleurs une des missions principales que je dois accomplir. Nous avions projeté de nous implanter au Vietnam et en Chine depuis 2020 déjà, mais la crise du Covid-19 a quelque peu retardé cette implantation.

Depuis février 2022, nous avons pris possession des lieux et les avons mis aux normes BioMar. La fin de l’année 2022 et le début de l’année 2023 sont et seront les moments de lancement de la commercialisation à plus grande échelle.


Avez-vous un plan de projection type sur l’année 2023 ou comment ceci fonctionne ?


Notre objectif est de remplir la capacité de l’usine qui est d’environ 40.000 tonnes et devrait doubler rapidement. L’usine que nous possédons à Ben Tré, dans le delta du Mékong, est dimensionnée afin de nous permettre d’élargir la production. Après, nous faisons malgré tout face aux aléas du marché. Le fait de proposer une conception différente de l’aquaculture est un atout servant à nous démarquer.


Pourquoi qualifiez-vous la compagnie BioMar de différente par rapport aux autres ? La société BioMar s’efforce, de développer et de fournir des solutions d’alimentation animale à la fois saines et durables. Nous sommes des innovateurs pour une aquaculture pérenne. Nous avons pour objectif, d’ici 2030, de devenir une entreprise neutre en carbone et en émission de gaz polluant. C’est un défi énorme que nous avons relevé avec la direction générale du Groupe, car nous sommes conscients de la pérennité et de l’utilité de cet aboutissement. Nous avons également mis en place un nouveau système de traçabilité des aliments. Tous nos fournisseurs de matières premières sont agréés et nous deviendrons agréés ASC d’ici la fin de cette année. Selon le site officiel, www.asc-aqua.org, ASC ou Aquaculture Stewardship Council est le principal système de certification au monde pour les produits de la mer issue de l'aquaculture - et le label ASC n'apparaît que sur les aliments provenant d'exploitations qui ont été évaluées et certifiées de manière indépendante comme étant écologiquement et socialement responsables.


D’accord merci beaucoup pour cette réponse. Est-ce que vous pourriez me parler un peu de votre installation au Vietnam ? Comment s’est-t-elle passée ? Avez-vous eu des complications ?


Lors de mon arrivée au Vietnam début 2022, je suis passé par une période de quarantaine, le Covid 19 sévissait encore. Et comme chacun a pu le vivre, l’économie était au ralenti, l’activité commerciale a énormément souffert des restrictions de déplacement. Il nous a fallu beaucoup plus de temps que prévu pour recruter et démarrer l’activité industrielle et commerciale.

La base de l’équipe de direction a été constituée par recrutement en ligne à partir de fin 2021 avec l’aide d’un conseil. Ce ne fut certainement pas idéal mais finalement les erreurs furent peu nombreuses. Une fois sur place les choses se sont clarifiées.

Ce que j’en retiens ce sont plusieurs choses à ne point négliger :

La constitution de la société n’est pas évidente et le choix d’un avocat, d’une société de relocation, de conseils en recrutement sont primordiaux pour éviter des erreurs grossières. Notre partenaire local a contribué au choix d’un responsable de filiale et à l’obtention de certaines autorisations. Mais la présence physique est essentielle, le contact personnel est indispensable.

Par ailleurs, La gestion d’une entreprise au Vietnam ne peut pas se comparer à ce qui se pratique en Europe. La culture est très différente malgré une impression globalement sereine de prime abord. Dans une activité comme la nôtre la barrière de la langue demande des relais de personnels clé bilingue et biculturel. C’est certainement ce qui rend le recrutement plus délicat mais c’est ce qui donne de plus grandes chances de succès. De même, les contraintes administratives et les délais très longs parfois pour l’obtention de certaines autorisations ne sont pas à négliger. La perception du temps n’est pas la même. Quant à mon installation personnelle, elle fut grandement facilitée par une société de relocation. Un système efficace et qui évite bien des délais et déboires administratifs dans un pays très différent de ceux que j’ai pu connaitre en Europe, en Afrique ou au Moyen Orient.


Merci beaucoup pour votre temps et cet entretien très intéressant. Une dernière chose, pourriez-vous me décrire votre entreprise, BioMar, en trois mots-clés ?


Je préfèrerais rappeler la devise de l’entreprise « We are innovators dedicated to an efficient and sustainable global aquaculture » ou « nous sommes des innovateurs dédiés à une aquaculture efficace et durable ». Cela décrit à la fois les valeurs que prône la compagnie et la stratégie commerciale.


Merci beaucoup,

Pour trouver plus d’informations concernant l’entreprise : https://www.biomar.com/en



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